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24
AVRIL
2017

Capsulite rétractile de l’épaule 

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Les capsules de ce site Web s’adressent aux malades n’ayant aucune connaissance médicale et ont comme but premier celui de les informer sur l’essentiel des pathologies très souvent rencontrées en pratique médicale courante. Je vise la vulgarisation sans tomber dans « l’insignifiance ». Les « diagnostics populaires » précèdent le diagnostic médical usuel.

« Capsulite rétractile de l’épaule  » (Capsulite fibrosante de l’épaule) (« Frozen shoulder ») (« Péri-arthrite scapulo-humérale ») (« Capsulite adhésive »)

Capsulite rétractile de l'épaule

Il s’agit d’un blocage global de l’épaule dont la rotation externe est le premier mouvement à être limité.  Il y a difficulté à mettre la main derrière la tête. Très souvent, aucune cause ne peut être mise en évidence mais il y a aussi ces formes que l’on appelle secondaires, résultant d’une blessure dans toute partie du membre supérieur correspondant (de la main à l’épaule) dont la plus fréquente demeure la tendinopathie à cette même épaule.

De plus, la douleur au cou (cervicalgie), tout traumatisme (choc – impact – blessure) locorégional, c’est-à-dire dans la région au pourtour de cette même épaule peuvent être en cause.

Votre médecin gardera en tête toutes ces pathologies que l’on appelle splanchniques dont : l’ACV, la douleur d’origine cardiaque et pulmonaire, les dysfonctions thyroïdiennes (hyperthyroïdie), les médicaments antituberculeux entre autres conditions mais surtout le diabète (la prévalence est de 2 à 5 % dans la population en général alors qu’elle est de 10 à 40 % chez le diabétique et surtout chez celui qui prend de l’Insuline).

La capsule est rétractile lorsque sa couche extérieure est en partie fibrosée.

Cette rétraction des tissus se produit au départ en avant de l’épaule expliquant la difficulté immédiate qu’a le malade à porter la main à la fesse ou derrière la tête du même côté .

On peut comparer la fibrose de la capsule à celle de la Contracture de Dupuytren, qui sera décrite ultérieurement.

La capsulite évolue en trois phases :

  1. Phase douloureuse (d’une durée de 2 à 9 mois) : Durant cette période, les mouvements ne sont pas limités mais le malade présente une douleur à l’épaule donnant le change à s’y méprendre pour une tendino-bursopathie de la coiffe des rotateurs.
  2. La phase rétractile (durée de 3 à 9 mois) : La douleur persiste et on note maintenant un blocage caractéristique de tous les mouvements mais les plus limités demeurent les rotations externe et interne, le malade étant incapable d’atteindre la fesse du même côté et la femme doit tourner l’attache de sa brassière vers l’avant pour l’attacher.  Le diagnostic est alors bien facile à poser avec une telle limitation des amplitudes de l’épaule.
  3. Phase résolutive (durée de 12 à 42 mois) : 10 % des malades demeurent avec des limitations fonctionnelles permanentes plus ou moins importantes.

L’investigation

  1. Un bilan radiologique simple est nécessaire pour tenter de documenter toute condition douloureuse grossière pouvant toucher les os et les tissus environnants de l’épaule.
  2. L’arthrographie : on utilise cette technique « d’investigation » surtout pour bien sûr constater une forte diminution du volume de l’articulation mais elle permet surtout d’injecter par la même occasion des glucocorticoïdes (« Cortisone ») à l’intérieur de l’articulation pour soulager la douleur et favoriser le mouvement (fonction). Le volume normal de l’épaule est de 20 cc et dans la capsulite la cavité peut ne contenir que 2 cc parfois. Il est alors bien difficile d’injecter à l’aveugle dans un si petit espace.
  3. L’iconographie magnétique (RMN) demeure très utile dans les cas de cause n’étant pas évidente ou connue. Elle nous aide à éliminer des pathologies bénignes ou malignes locorégionales (à l’épaule ou son pourtour) suspectes surtout si le malade est porteur de fatigue, de perte de poids ou d’appétit, s’il est âgé de plus de 50 ans ou s’il est éveillé la nuit entre autres exemples.

Traitement

  1. Repos et mobilisation en fonction de la douleurLe malade doit utiliser son membre tout en évitant l’immobilisation pouvant détériorer le phénomène d’ankylose. Surtout ne pas utiliser d’écharpe.
  1. AnalgésieOn utilise des analgésiques simples (Acétaminophène, Ibuprofène) et même des opioïdes surtout si la douleur envahit la pensée (un peu comme un mal de dent) car alors le malade risque de présenter une dépression majeure à souffrir sans relâche et surtout s’il est réveillé la nuit. Ce qui mène à l’épuisement physique, bien souvent constaté en pratique physiatrique.
  1. L’arthro-distensionCette technique consiste à injecter dans l’articulation des glucocorticoïdes sous pression. Elle permet au malade de mobiliser son épaule et au thérapeute de forcer le mouvement sans douleur.  Elle se pratique idéalement sous échographie ou vidéofluoroscopie car elle demande une grande précision puisque l’espace intérieur de l’articulation est de volume très réduit à environ 2 cc (normale 20-25 cc).Il faut toutefois y ajouter des injections intra-articulaires radioguidées de glucocorticoïdes pouvant aller jusqu’à 3 à 4 séances à 6 semaines d’intervalle.On remarquerait une optimisation thérapeutique si, lors de l’injection intra-articulaire de glucocorticoïdes, on ajoute en même temps une infiltration à la partie supérieure de l’épaule soit dans la bourse sous-acromio-deltoïdienne.
  1. PhysiothérapieLa mobilisation active assistée précédée de thermothérapie profonde ultrasonique demeure un traitement classique.  Les ultrasons suivis de TENS permettent une meilleure mobilisation de l’articulation effectuée soit par le thérapeute ou le patient. Le malade ressentant moins de douleur peut forcer davantage son articulation bloquée.

La mobilisation active de type poulie-thérapie et exercice de l’araignée en association avec de l’électrothérapie (neurostimulation) concomitante semble améliorer la situation selon mon expérience.

  1. Visco-supplémentation articulaireEn pratique, ce médicament onéreux n’étant pas couvert par les fiduciaires assurantiels demeure essentiellement inaccessible surtout si on prend en compte une efficacité non clairement démontrée scientifiquement, pour le moment.
  2. Blocs stellaires et blocs du nerf supra-scapulaireEn pratique, il s’agit d’approches tout de même spécialisées et les professionnels de la santé aptes à procéder à ces techniques restent inaccessibles dans des délais raisonnables au Québec.
  1. Chirurgie : arthrolyse articulaireCe procédé effectué par arthroscopie en chirurgie orthopédique demeure essentiellement inaccessible et peu de chirurgiens acceptent de pratiquer cette technique.
  1. Traitement orthopédiqueIl y a toujours possibilité de mobiliser l’épaule sous anesthésie générale mais tout aussi essentiellement inaccessible au Québec. Elle peut être nécessaire lors d’une capsulite très sévère où le malade est incapable de lever le bras pour laver son aisselle, par exemple.

La référence principale de ce texte est tirée du chapitre 11 de « Pathologies médicales de l’appareil locomoteur, 2e édition », 2008, dans Bergeron, Fortin, Leclerc et chapeauté par le docteur André Roy physiatre F.R.C.P.(C) CHUM incluant plusieurs collaborateurs.

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